Hôtel Wellington : l’avis patrimonial atteste qu’il y a peu de valeur patrimoniale pour le bâtiment

Les élus sherbrookois ont pris connaissance des recommandations de la firme Jubinville et associés qui a réalisé, au cours des derniers mois, une étude exhaustive de la valeur patrimoniale de l’Hôtel Wellington.

La valeur patrimoniale

À travers leur étude, les architectes de la firme Jubinville et associés ont, entre autres, analysé l’Hôtel Wellington à travers la grille de critères du Bureau d’examen des édifices fédéraux du patrimoine du Canada (BEEFP). Notons que le classement du Théâtre Granada de Sherbrooke a fait l’objet d’un classement selon les critères de cette même grille d’analyse en 1996. La valeur patrimoniale du bâtiment est considérée comme moyenne, notamment en raison d’un endommagement important à la structure, de la qualité des matériaux utilisés lors de la construction, du manque d’entretien et des réparations peu soucieuses du patrimoine qui ont été effectuées au fil des ans et de la désuétude fonctionnelle des lieux.

L’avis spécifie que la valeur patrimoniale du bâtiment réside plutôt dans le patrimoine immatériel lié à l’influence du bâtiment dans l’évolution de Sherbrooke et également dans la valeur patrimoniale de quelques ornements architecturaux d’inspiration néo-classique de la façade. Il est toutefois mentionné que la conservation de ces ornements (corbeaux en caryatides, médaillons et bas-relief) n’est pas garantie en raison des bris anticipés au moment de leur retrait.

Les recommandations

Les experts consultés recommandent la démolition du bâtiment plutôt que sa conservation totale ou partielle en raison du piteux état de l’immeuble, des coûts disproportionnellement élevés qu’engendreraient une telle conservation et de l’incompatibilité de l’usage avec le projet à caractère entrepreneurial, à forte valeur contributive pour le secteur, nécessitant des espaces lumineux, ouverts et polyvalents. Il est recommandé de tenter de conserver les éléments architecturaux intéressants de la façade lors de la démolition pour les réinstaller, dans le Quartier. Finalement, la firme recommande également la mise en valeur des archives pour témoigner de la valeur patrimoniale immatérielle du bâtiment.

Les gestes posés par la Ville

« Nous accueillons favorablement les recommandations formulées dans l’avis patrimonial de l’Hôtel Wellington qui atteste que la principale valeur patrimoniale de cet immeuble est plutôt d’ordre immatériel en fonction de l’importance du lieu durant plusieurs décennies. En ce sens, nous conserverons les enseignes au nom de l’Hôtel tout comme l’enseigne du bar Le Coude qui seront entreposées à court terme pour être éventuellement être réinvesties dans le quartier dans un projet particulier. Nous avons également pris soin de prendre une série de photos pour conserver des archives visuelles du bâtiment tel qu’il est présentement qui compléteront la collection actuelle de la Société d’histoire de Sherbrooke. Au cours des prochains mois, il serait intéressant de solliciter l’implication des citoyens de Sherbrooke pour retracer les temps forts de l’Hôtel Wellington à l’aide des archives personnelles de ces derniers. Un projet de mise en valeur de ces archives dans le Quartier représenterait un geste de mémoire fort intéressant. Finalement, quant à la préservation des éléments d’intérêt patrimonial en façade, nous ferons le nécessaire pour les conserver lors de la démolition du bâtiment. Toutefois, l’état de ces ornements est précaire et des bris sont possible », mentionne le maire de Sherbrooke, M. Bernard Sévigny.

Il est à noter que l’Hôtel Wellington sera démoli en même temps que le stationnement municipal qui lui sera démoli uniquement lorsque commencera la construction d’un projet immobilier sur le quadrilatère stratégique de la rue Wellington Sud.

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