Kanak, la recrue canine

Le Service de police de Sherbrooke (SPS) est le premier corps policier québécois à se doter d’un chien de soutien. C’est le 31 mai dernier que Kanak, un labrador de 19 mois, en a officiellement joint les rangs.

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Alors que Kanak est le précurseur des chiens de soutien québécois, cette technique est déjà utilisée dans 21 États américains et dans l’Ouest canadien. À titre d’exemple, mentionnons le labrador Caber, qui est venu en aide à plus de 500 victimes depuis qu’il collabore avec la police de Delta, en Colombie-Britannique.

Policière et maman
À l’automne 2015, l’enquêteure Mélanie Bédard a été affectée aux dossiers jeunesse du SPS. Pour cette mère de famille, il est vite apparu inconcevable que l’on demande à une jeune victime d’abus physiques ou sexuels de venir au poste de police, un endroit fort peu hospitalier, avouons-le. Ajoutons à cela le fait que l’enfant doive raconter à un policier les détails gênants de ce qui vient de lui arriver – et de le faire sans le soutien d’une personne de confiance – et le tableau manque cruellement de chaleur.
Parlant de chaleur, saviez-vous qu’il est interdit à un policier de prendre un enfant dans ses bras pour le consoler? Le rôle d’offrir réconfort et affection, c’est Kanak qui le jouera.

Lorsqu’elle a concrétisé le projet familial d’avoir un chien, Mélanie et son conjoint (également policier au SPS), ont vite pris la mesure de son pouvoir réconfortant. Rapidement, l’idée d’avoir un chien pour calmer les jeunes victimes a germé. Après moult recherches et démarches, voici que se concrétise ce projet, grâce à l’implication de la fondation Mira. Cette dernière a fourni le chien idéal, offre de la formation et assure le suivi à sa nouvelle maîtresse.

Kanak et sa maitresse



Bienfaiteur à quatre pattes
Dorénavant, Kanak accompagnera et soutiendra les jeunes victimes tout au long du processus judiciaire en leur procurant, entre autres, un sentiment de sécurité devant leur agresseur. Non seulement servira-t-il à établir un lien de confiance entre l’enquêteur et la victime, mais il contribuera aussi à créer une diversion de l’événement traumatisant.

Une étude floridienne exhaustive en est venue à la conclusion que lorsqu’un chien était dans la pièce, les enfants étaient plus en confiance, plus détendus et allaient raconter jusqu’à 80 % des événements. Un enfant qui caresse un chien donnera davantage de détails au sujet de l’événement troublant qu’il vient de vivre. Parfois, l’enfant préfère carrément répondre au chien plutôt qu’à l’enquêteur qui lui pose une question.