Remise du Grand Prix du livre 2014 de la Ville de Sherbrooke

Vingt-cinq ans après la remise de son premier prix littéraire, la Ville de Sherbrooke a décerné aujourd’hui son Grand Prix du livre 2014. Ce prix est remis à des auteurs sherbrookois et à des auteures sherbrookoises dont les œuvres furent reconnues marquantes par le jury.

Cette année, 53 œuvres ont été soumises aux membres du jury. Ceux-ci ont dû évaluer l’originalité, la valeur artistique et la qualité d’expression des documents présentés dans le volet « création littéraire » ainsi que la qualité de contenu et de forme, l’originalité et la pertinence de ceux soumis dans le volet « essai ».

VOLET « CRÉATION LITTÉRAIRE »

Lauréat

Étienne Beaulieu, Trop de lumière pour  Samuel Gaska, Lévesque Éditeur

Cette oeuvre est l’histoire d’une révélation et d’une renaissance. À travers ce récit initiatique sur l’ambiguïté de la création, parsemé de métaphores ornithologiques, mélange de vraie fiction et d’autobiographie cryptée, Étienne Beaulieu aborde dans cette œuvre certains de ses thèmes qui lui sont chers : la lumière, l’espace et le silence.

2e prix

Bruno Lemieux, Dans le ventre la nuit, Éditions du Noroît

Dans ce recueil, le poète s’interroge sur ses origines, questionnement qui recouvre divers aspects de la vie de ce qui le constitue dans l’écriture même. Dans le ventre la nuit enracine sa connaissance dans un chemin à parcourir davantage que dans un chemin parcouru. L’inquiétude du corps conduit le poète entre cime et humus vers une joie souhaitée.

3e prix

Lynda Dion, La Maîtresse, Hamac

La Maîtresse est un récit qui porte avant tout un regard lucide sur la profession d’enseignante et un livre qui refuse de s’écrire. Peut-on tout dire, tout montrer, même le monstre en soi? Mère, enseignante, amante, la narratrice confond les rôles, ne sait plus qui elle est dans ce parcours labyrinthique.

VOLET « ESSAI »

Lauréat

Yvette Francoli, Le Naufragé du Vaisseau d’Or. Les vies secrètes de Louis Dantin, Del Busso Éditeur

Dans cet essai, Yvette Francoli s’interroge sur le mythe répandu et persistant de Nelligan, qualifié de poète génial. Son travail d’enquête documenté, solide, soutenu, prouve hors de tout doute que l’œuvre de Nelligan a été forgé, fabriqué à partir de quelques brouillons du collégien par un brillant lettré qu’était le père Eugène Seers alias Louis Dantin.

2e prix

Jacques Quintin, Éthique et toxicomanie, les conduites addictives au cœur de la condition humaine, Éditions Liber

L’auteur propose ici une philosophie de la toxicomanie où le toxicomane est lui-même considéré comme une sorte de métaphysicien et sa réalité, comme quelque chose qui concerne le problème de la fin (f-i-n), question à laquelle est confrontée tout humain. Son propos pertinent, rigoureux et clair est applicable aux phénomènes d’addiction en général, aussi bien les dépendances à l’alcool, au jeu ou aux drogues, que les obsessions revêtant divers caractères : y compris la compulsion littéraire ! En nous montrant combien il est naturel de chercher refuge dans des « substances » déréalisantes quand on est confronté à l’implacabilité de la mort comme destinée, l’auteur arrive à nous faire voir la relation certaine entre conduites addictives et condition humaine.

3e prix

Claude Boucher, La Bible lue sous les regards de l’art et de la raison, Éditions Fides

Sur le ton familier du conférencier attentionné, l’auteur ― solidement informé sur les religions, les arts, la littérature et l’histoire du monde ― expose avec habileté, et un souci d’accessibilité, son exégèse raisonnée des récits symboliques de la Bible, qu’il se donne la peine de résumer avant d’analyser puis d’exposer comment ces récits, qui nous viennent de la nuit des temps, ont influencé des événements ou des productions artistiques des temps modernes et du temps présent : du procès des sorcières de Salem à une chanson de Leonard Cohen, du conflit israélo-palestinien au scénario de La guerre des étoiles. Claude Boucher a construit son essai un peu comme un conteur, en parsemant son discours d’humour, de jeux de mots, d’apartés et d’anachronismes moqueurs.

La remise du Grand Prix du livre de la Ville de Sherbrooke se veut un moment de réjouissances et de reconnaissance pour le milieu culturel sherbrookois.

La Ville de Sherbrooke peut compter encore cette année sur le soutien de fidèles partenaires financiers pour remettre au grand gagnant de chaque volet une bourse de 4 000 $ et, aux finalistes, une bourse de 1 300 $ pour les lauréats des 2es prix et une bourse de 700 $ pour les lauréats des 3es prix. Il s’agit de la Biblairie GGC, commanditaire des volets « Essai » et « Création littéraire », et de l’Université de Sherbrooke, commanditaire du volet « Essai ». Merci à ces commanditaires et félicitations aux auteures et auteurs de Sherbrooke!

Au total, depuis le début de ce concours littéraire en 1989, 464 œuvres ont été soumises aux membres des jurys, les œuvres de 24 lauréats furent couronnées et des prix ou des mentions ont été accordés à 48 finalistes.

Sur la première rangée, de gauche à droite : Lynda Dion, lauréate, Bruno Lemieux, lauréat, Yvette Francoli, lauréate du 1er prix volet « essai », Claude Boucher, lauréat, Étienne Beaulieu, lauréat du 1er prix volet « création littéraire », Jacques Beaudry, président du jury volet « essai ». Sur la deuxième rangée, de gauche à droite : Bernard G. Caza, président de la Biblairie GGC, Jacques Beauvais, vice-recteur à la recherche, à l’innovation et à l’entrepreneuriat, à l’Université de Sherbrooke, Pierre Tardif, président du comité de la culture de la Ville de Sherbrooke, Jacques Quintin, lauréat et Louis Hamelin, président du jury, volet « création littéraire ».

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